Situation alarmante des mutuelles de santé au Sénégal: Cris de coeur du PCA de l'UNAMUSC André Demba WADE.

« Mort programmée des mutuelles au Sénégal, quelle part de responsabilité de l’Etat?

Le situation des mutuelles de santé communautaires est très préoccupante après plus de 38 ans d’investissement et qui ont permis de garantir une couverture à plus de 4 500 000 personnes au Sénégal (2022).

Aujourd’hui, la politique de l’Etat conduit à la disparition de ces mutuelles par :
1. un vide juridique. L’Etat du Sénégal n’a pas mis en oeuvre le Réglement 07/2009 de l’UEMOA sur les mutuelles sociales adopté depuis 2009. Ce vide juridique ne donne pas une personnalité aux organisations mutualistes.
2. Le vide institutionnel avec l’absence d’organisme public chargé de la gestion des mutuelles sociale.
3. L’absence des mutuelles dans les cahiers de charges du gouvernement. Les mutuelles ne sont mentionnées nulle part bien que l’on dise qu’elles sont sous la tutelle du Ministère de la Famille, de l’action sociale et des Solidarités.
4. Absence d’une direction et d’un programme de l’Etat pour le développement de la mutualité sociale.
5. Le non paiement des dettes dues aux mutuelles de santé. L’Etat devait plus de 30 milliards aux mutuelles de santé liés à la prise en charge des ménages bénéficiaires de bourses de sécurité familiale et des détenteurs de la carte d’égalité des chances. Il a engagé des négociations avec les mutuelles par le biais du Ministère de la Famille. Un accord est conclu pour un forfait de 5 milliards depuis le 12 août 2024.

20 mois après, ce montant n’est payé aux mutuelles.
6. Le non paiement des quotes-parts de l’État pour les factures de soins pour les années 2024 et 2025. Malgré plusieurs réclamations, l’Agence de la CSU et le Ministère de la Famille, de l’Action sociale et des Solidarités ne prennent aucune décision.
7. La mise à l’écart des mutuelles de santé dans la mise en oeuvre du programme de couverture risque maladie baptisé programme de couverture sanitaire universelle. L’Agence de la CSU a signé une convention de délégation avec les mutuelles depuis le 10 septembre 2025 mais n’a pas pris les dispositions pour l’exécution de cette convention. En lieu et place, l’Agence mène une campagne anti mutuelles pour dire même que les mutuelles n’ont plus de prérogative pour intervenir dans le programme de couverture.

Depuis fin 2023, l’Etat n’appuie plus les populations qui ont adhéré aux mutuelles de santé pour la prise en charge de leurs frais de soins. Les mutuelles ne comptent que sur les 3 500 versés par les ménages pour payer les factures des prestataires. Aujourd’hui, les mutuelles rencontrent des problèmes de ressources financières pour faire face à leurs charges.
Il faut noter qu’il y a une stratégie d’étranglement et d’étouffement des mutuelles de santé. En plus de ne pas payer les dettes des mutuelles, de ne pas les associer à la mise en oeuvre du programme, il y a une campagne qui consiste à décourager les prestataires en leur disant que les mutuelles ne bénéficieront plus d’appui de la part de l’État.

Nous alertons les plus hautes autorités du pays pour prendre les mesures qui garantissent un épanouissement des mutuelles. Si le nouveau régime a opté pour une politique sans mutuelle, il est important de le clarifier.

Nous voulons que l’opinion nationale et internationale sache que le contexte des mutuelles est marqué par une volonté et un objectif lequel nous reviendrons. »

André Demba Wade PCA de l’UNAMUSC.